Le travail de Sarah Davidoux s’articule autour des terres mêlées, une technique où plusieurs argiles se rencontrent et se combinent pour créer des pièces aux strates visibles, comme des paysages miniatures. Cette approche traduit naturellement le lien profond entre sa pratique céramique et son parcours de géomorphologue, discipline dans laquelle elle étudie les dépôts sédimentaires, les couches qui s’accumulent, se déplacent et racontent la mémoire des sols.
Son travail est nourri par ses voyages, notamment par la découverte de bols roumains, dont les formes simples et généreuses l’ont marquée. Ces objets du quotidien, pensés pour la convivialité, lui rappellent les terrasses observées dans les paysages qu’elle étudie : des lignes, des niveaux, des gradients, une succession de couches qui font écho à son regard scientifique.
Dans son atelier, cette sensibilité se traduit par la rencontre entre différentes terres, mais aussi par une recherche d’émaux-paysages : des surfaces où se déposent des effets superposés, des lignes, des nappes, des reliefs, comme autant de couches sédimentaires transposées sur la céramique. Son approche devient alors presque archéologique, cherchant moins à uniformiser la matière qu’à révéler ce que chaque strate porte en elle : un temps, une couleur, une histoire géologique.
Les pièces de Sarah Davidoux sont ainsi des objets à la fois usuels et narratifs, où la convivialité du geste rejoint la lecture du sol et du paysage. Ce sont des fragments de terre qui racontent comment les matières se déposent, se mélangent et s’inscrivent dans le temps.



